Je m’appelle Manoela. Je suis maman, entrepreneure et créatrice passionnée. Je suis née à Madagascar, une île qui m’a transmis bien plus que des souvenirs : des racines, une sensibilité, un attachement profond à l’humain et à ces savoir-faire précieux qui se transmettent de génération en génération.
Aujourd’hui, je vis à Saumur, ma ville de coeur, celle qui m'a vu grandir, et où j’ai enfin donné vie à un rêve que je porte en moi depuis de nombreuses années : créer ma propre marque de vêtements et faire découvrir la beauté des robes smockées à la main.
Mais mon histoire ne parle pas seulement de vêtements. Elle parle de transmission, de rencontres, de solidarité et de cette conviction qui m’accompagne depuis longtemps : ce que l’on crée de ses mains peut aussi contribuer à changer des vies.
Un rêve qui a grandi avec moi
Depuis le lycée, je rêve d’entreprendre. J’ai toujours eu cette envie de construire quelque chose qui m’appartienne, un projet dans lequel je pourrais exprimer ma créativité, mes valeurs et ma façon de voir le monde.
À cette époque, je cousais déjà mes propres vêtements, souvent dans un esprit patchwork. J’aimais assembler les tissus, imaginer, essayer, créer. Je regardais aussi mes tantes travailler de leurs mains, avec ce savoir-faire qui ne s’apprend pas dans les livres, mais qui se transmet, s’observe et se perpétue au fil des générations.
Sans vraiment le savoir, je posais déjà les premières pierres de mon projet.
Puis la vie a suivi son cours. Les formations, le salariat, la maternité, les responsabilités du quotidien… Comme beaucoup de femmes, j’ai appris à jongler entre plusieurs vies, plusieurs rôles, plusieurs priorités. Mon rêve, lui, est resté là, quelque part, à attendre son heure.
Pendant des années, je lui ai consacré moins de temps que je ne l’aurais souhaité. Non pas parce que j’y avais renoncé, mais parce que la vie ne nous laisse pas toujours l’espace nécessaire pour faire grandir ce qui nous tient le plus à cœur.
Et puis, il y a un an, j’ai fait le choix de me consacrer pleinement à mon entreprise.
Aujourd’hui, je vis de ce rêve que j’ai longtemps gardé en moi : imaginer, dessiner et vendre des vêtements smockés à la main.
Ce n’est pas simplement un changement professionnel. C’est une façon de me rapprocher de celle que j’ai toujours voulu devenir.
Là où le cœur de mon projet a pris racine.
Si la création est au cœur de mon métier, la solidarité, elle, fait partie de mon histoire depuis bien plus longtemps.
En 2010, à Madagascar, j’ai commencé à agir avec les moyens dont je disposais. J’avais une conviction simple, mais profonde : chaque enfant devrait pouvoir aller à l’école, apprendre et avoir la possibilité de construire son avenir, quelle que soit la situation financière de sa famille.
Je constatais combien le manque de moyens pouvait représenter un obstacle à la scolarisation. Alors, j’ai commencé modestement. J’ai sollicité ma famille, mes amis et mes connaissances pour collecter des vêtements, des cartables, des livres et des fournitures scolaires.
Ce n’était pas grand-chose à l’échelle des besoins. Mais c’était un début. Et parfois, il suffit d'un premier geste pour donner une direction à toute une vie.
En 2011, je suis devenue la marraine de l’école primaire de Razanaka, un petit village situé au cœur de la forêt, dans l’Est de Madagascar.
Razanaka n’est pas un lieu comme les autres pour moi. C’est un village où j’ai passé mes vacances scolaires, de la maternelle jusqu’à l’université. Il fait partie de mon histoire, de mes souvenirs et de ce qui m’a construite.
Les enfants qui y grandissent occupent une place particulière dans mon cœur. Je connais les réalités auxquelles ils sont confrontés et je sais combien l’accès à l’éducation peut être déterminant pour leur avenir.
Avec des amis, nous avons alors réussi à collecter des produits de première nécessité auprès d’entreprises locales afin d’apporter notre aide à l’école et aux familles.
En 2017, je suis retournée à Madagascar avec ma petite famille, pour la première fois depuis mon arrivée en France. Je tenais profondément à faire découvrir à mes enfants une autre réalité que celle qu’ils connaissaient : celle d’enfants qui grandissent dans un village sans eau potable ni électricité, où la vie quotidienne dépend parfois d’un simple groupe électrogène.
Je voulais leur montrer que les réalités du monde sont multiples, que les chances ne sont pas les mêmes pour tous et que ce que nous considérons comme acquis peut représenter, ailleurs, un véritable privilège.
Je voulais aussi leur transmettre quelque chose d’essentiel : la valeur du partage, la conscience des autres et l’importance de ne jamais oublier d’où l’on vient.
Mon engagement est né de là : de mes racines, de ce que j’ai vu, de ce que j’ai vécu et de cette conviction profonde que l’éducation ne devrait jamais être un privilège réservé à quelques-uns.
Au fil des années, la vie a parfois mis mes actions solidaires entre parenthèses. Mais l’envie d’agir, elle, n’a jamais disparu.
Elle attendait simplement de trouver une nouvelle façon de s’exprimer.
Une boutique qui ne vend pas seulement des vêtements
Aujourd’hui, mes deux histoires, celle de la création et celle de la solidarité - se rejoignent enfin.
Dans ma boutique, chaque modèle est imaginé et dessiné par mes soins. Les vêtements sont ensuite confectionnés à Madagascar par des couturières artisanes qui maîtrisent l’art du smock fait main, un savoir-faire minutieux transmis de génération en génération.
De mon côté, je crée également des accessoires textiles dans mon atelier, chez moi, à Saumur.
J’aime cette idée que chaque création porte en elle plusieurs histoires : celle d’un modèle imaginé en France, celle de mains expertes qui lui donnent vie à Madagascar et celle de la personne qui, un jour, choisira de le porter.
Derrière chaque robe, il y a du temps, de la patience, de la précision et un savoir-faire qui mérite d’être reconnu à sa juste valeur.
C’est pourquoi je tiens à connaître personnellement les artisans avec lesquels je travaille et à les rémunérer justement, en considération de leur travail, de leurs compétences et du soin apporté à chaque pièce.
Pour moi, entreprendre ne consiste pas uniquement à vendre un produit. C’est aussi créer des relations humaines fondées sur le respect, valoriser des talents et contribuer, à mon échelle, à créer des opportunités durables.
Et parce que mon histoire est intimement liée à celle de Madagascar, j’ai voulu que mon entreprise porte aussi une dimension solidaire.
Une partie des ventes de ma boutique est consacrée à l’achat de fournitures scolaires pour les élèves de l’école de Razanaka.
Chaque année, je m’efforce d'apporter ma contribution à cet achat. Mais les besoins sont immenses. Aujourd’hui, mon aide ne suffit pas à couvrir les besoins des quelque 400 élèves défavorisés de Razanaka et des communes environnantes. Je complète donc cette contribution avec mes fonds personnels, dans la mesure de mes moyens.
Je ne prétends pas pouvoir tout changer. Je sais que les défis sont bien plus grands que moi.
Mais je crois profondément qu’il n’est pas nécessaire de pouvoir tout faire pour commencer à faire quelque chose.
Alors, je fais ma part. Avec mon entreprise, avec mes créations, avec le travail de celles et ceux qui m’accompagnent et avec l’espoir de pouvoir aller un peu plus loin chaque année.
Mon plus grand rêve : ouvrir une fenêtre sur le monde
Pour les enfants de Razanaka, j’ai d’autres rêves.
Je rêve de voir leur école rénovée, leurs salles de classe devenir des lieux où il fait bon apprendre, et une véritable bibliothèque prendre vie au milieu de leur village.
J’imagine des étagères remplies de livres, des histoires que l’on découvre pour la première fois, des pages que l’on tourne avec curiosité et des enfants qui, le temps d’une lecture, peuvent voyager bien au-delà des frontières de leur quotidien.
Je rêve aussi qu’un jour, ils puissent accéder à du matériel informatique, découvrir de nouveaux outils et explorer des possibilités qui leur semblent peut-être encore lointaines.
Pour moi, une bibliothèque n’est pas seulement une pièce remplie de livres. C’est une fenêtre ouverte sur le monde. Un endroit où l’imagination grandit, où les questions naissent et où les rêves prennent forme.
Un livre ne résout pas toutes les difficultés. Un ordinateur ne garantit pas un avenir meilleur. Mais l’accès au savoir peut ouvrir des portes, éveiller des vocations et donner aux enfants davantage de possibilités de choisir leur chemin.
Ces projets nécessitent des moyens financiers que je ne possède pas encore. Je mesure le chemin qu’il reste à parcourir. Pourtant, je garde cet espoir : celui de pouvoir, un jour, contribuer à leur donner vie.
Peut-être que ma boutique grandira. Peut-être que de nouvelles personnes se reconnaîtront dans cette aventure et auront envie d’y prendre part.
Je ne sais pas encore comment ces rêves se réaliseront. Mais je sais qu’ils méritent de continuer à exister.
Créer du beau, faire du bien, transmettre davantage
Être une femme entrepreneure, maman et créatrice, c’est apprendre chaque jour à avancer avec ses convictions, ses doutes, ses responsabilités et ses espoirs.
C’est aussi accepter de grandir à son rythme, de construire pas à pas et de faire de son mieux avec les moyens dont on dispose.
Mon entreprise est encore en chemin. Elle n’a pas encore la portée que j’aimerais lui donner, et les projets qui me tiennent à cœur demandent du temps, du travail et des ressources.
Mais aujourd’hui, je sais ce que je veux construire.
Je veux une marque qui valorise un savoir-faire artisanal précieux. Je veux des créations imaginées avec passion et confectionnées avec soin. Je veux que les couturières qui donnent vie à mes modèles puissent être fières de leur travail et justement rémunérées.
Je veux aussi que mon parcours rappelle qu’il est possible de donner une nouvelle place à ses rêves, même lorsque la vie nous a longtemps demandé de les mettre de côté.
Et surtout, je veux que cette aventure puisse contribuer, progressivement, à offrir davantage de possibilités aux enfants de Razanaka.
Lorsque vous choisissez une création de ma boutique, vous choisissez avant tout un vêtement ou un accessoire fait avec soin. Mais vous faites également vivre un savoir-faire artisanal et participez, à travers ma démarche solidaire, à une histoire qui dépasse le simple achat.
Chaque commande compte. Chaque geste contribue à faire avancer cette aventure, à mon échelle et dans la mesure des moyens disponibles.
Je ne vous promets pas de changer le monde avec une robe. Ce serait prétentieux et loin de la réalité.
En revanche, je peux vous promettre de mettre du cœur dans ce que je crée, du respect dans les relations que je construis et du sens dans le chemin que je choisis de suivre.
Et si un rêve pouvait en faire grandir d’autres ?
Je ne sais pas encore jusqu’où cette aventure me mènera. Je ne sais pas combien de robes seront encore créées, combien de personnes découvriront mon univers ni quand mes projets pour l’école de Razanaka pourront se concrétiser.
Mais je sais pourquoi j’ai commencé.
Pour faire vivre un savoir-faire qui me touche profondément. Pour valoriser celles et ceux qui le perpétuent. Pour vous offrir le meilleur du "smocké à la main". Et pour que le rêve que j’ai choisi de poursuivre puisse, à son tour, contribuer à faire grandir celui d’autres enfants.
Parce qu’au fond, je crois que la plus belle création n’est pas toujours celle que l’on tient entre ses mains. C’est aussi ce que l’on rend possible grâce à elle.
Et si, au fil des créations, des rencontres et des années, quelques enfants de plus pouvaient apprendre, lire, rêver et envisager un avenir différent, alors mon rêve aurait déjà pris une dimension bien plus grande que moi.

