Habiller l'enfance comme on cueille un fruit mûr.
Cérémonie
Petite histoire d'un point de couture
On reconnaît une robe à smocks au premier regard : le corsage est tenu par de fines fronces, reprises point après point, qui dessinent un motif. Ce n’est pas un simple décor. Ces points donnent au tissu
sa forme, et un peu de souplesse.
Le nom vient d’Angleterre. To smock, c’est froncer en croisant les
fils en diagonale. Au XVIIIᵉ siècle, dans les campagnes, on formait ainsi les blouses de coton : pas de boutons, un vêtement qui suivait le geste, alors que l’élasticité n’existait pas encore.
D’un comté à l’autre, les dessins changeaient.
Au siècle suivant, la même idée entre dans les armoires des enfants.
Manches bouffantes, col Claudine, ruban noué dans le dos : la robe à
smocks devient une image d’enfance soignée. On la voit souvent sur
les photographies des familles royales.
Elle n’a pourtant rien d’un
privilège.
Dans la boutique, elle se choisit sans cérémonie.
Pour un baptême, un dimanche, ou un jour ordinaire que l’on a envie de rendre joli.